Après avoir organisé 3 ateliers de fabrication d’un lombricomposteur dans nos locaux, il m’est venue une idéee, suite aux questions des adhérents venuent aux ateliers.

A quoi ça sert un compost ?

Alors j’ai sorti mes vieux dossiers poussièreux et je me suis planché dessus.

Je vais tout vous dire sur le compost.

Vous savez quand vous faite une ballde dans la forêt en automne ou même en été, sous la fraicheur des arbres…ca sent bon ! Hé bien c’est du compost que vous sentez, l’humus ! Bien sur celui-ci a mis quelques millions d’années à se faire, mais c’est du compost.

Aujourd’hui, bon nombre de personne a son compost chez soi, sur son balcon, au fond de son jardin, ou même sur son plan de travail.

On distingue deux grandes étapes dans le processus de compostage : une première phrase de dite de dégradation et une seconde dite de maturation. C’est seulement à l’issue de ces deux phases que l’on obtient un compost digne d’un humus, c’est-à-dire riche.

1. La phase de dégradation

Durant cette phase, le volume et la masse de votre tas vont beaucoup diminuer car d’une part, les déchets vont changer de structure puisque consommé par les micro-organismes, et d’autre part, l’eau va s’évaporer comme une partie des gaz contenus dans l’air initialement présent. La forte activité biologique fait augmenter significativement la température (jusqu’à 80°c!) car les micro-organismes et bactéries, en se nourrissant des cellules, libèrent une énergie calorifère.  A ce moment, les mauvaises odeurs peuvent éventuellement survenir si vous ne brassez pas la matière pour bien l’aérer. Pensez-y!

A ce stade, la matière reste toutefois reconnaissable : elle pourrit.

2. La phase de maturation

La température de votre compost va diminuer durant cette deuxième phase car l’activité micro-biologique est moins forte. Les champignons se développent en nombre et des macro-organismes (plus gros donc) font leur apparition : acariens, cloportes, coléoptères, mille-pattes, vers… A l’inverse des micro-organismes qui dégradent la matière à l’aide d’enzymes, les macro-organismes mangent et digèrent la matière en changeant leur aspect: il ne reste plus que des miettes… et les excréments. Tout cela est de nouveau transformé par d’autres micro-organismes.

A l’issue du processus vous obtiendrez:

  • une « eau » ou jus très riche en nutriments
  • une terre (le humus), également très riche

Le humus que vous prélèverez de votre composteur se révélera très utile dans vos taches de jardinage. En effet, le produit final du compost peut être utilisé comme terreau ou comme engrais : il va nourrir naturellement et sans produit chimique vos plantes. L’impact est encore plus grand lorsqu’il est utilisé dans un verger ou un potager. A l’arrivée des premiers froids, le produit final du compost peut protéger vos plantes du froid. Au pieds de grands arbres, vous pouvez même utiliser votre compost immature! En revanche, attention à ne pas l’utiliser dans votre potager ou sur de jeunes plants.

Voici quelques règles à respecter !

Règle n°1

Pour bien faire votre compost: le rapport carbone / azote

Pourquoi respecter cet équilibre?

Il est important de conserver un équilibre carbone/ azote dans votre compost pour assurer un milieu optimal aux micro-organismes qui utiliseront les chaînes carbonées pour produire de l’énergie, les enzymes responsables de la dégradation et croître. En effet, les décomposeurs ont besoin de 20 à 30 fois plus de quantité de l’élément chimique carbone que de quantité d’élément chimique azote. Pour simplifier, on dira qu’il faut mettre 1 à 2 doses de matière azotée pour 1 dose de matière carbonée.

Un déchet très riche en carbone et peu en azote sera doucement décomposé car il n’offre pas au micro-organisme cet équilibre. Ainsi, respecter ces proportions participera à accélérer le processus de compostage.

Quelles sont les matières carbonées et les matières azotées?

Voici un tableau récapitulatif et non exhaustif de ce que vous devrez mettre dans les bonnes proportions pour bien faire votre compost:

Matières carbonéesMatières azotées
Déchets bruns, durs, secsDéchets verts, mous, mouillés
– Branches -Feuilles mortes
– Copeaux de bois -Papier
– Carton
– Filtres papier
– Thé
– Coquilles d’œufs (broyées)
– Essuie-tout (faible quantité
– Epluchures de fruits ou fruits abîmés
– Restes de légumes ou légumes abîmés
– Gazon
– Mauvaises herbes
– Fromage
– Pâtes et riz (faible quantité)      

Règle n°2

Pour bien faire votre compost: le taux d’humidité

Pourquoi maintenir votre compost humide?

La vie, vous le savez, est inexorablement liée à la présence d’eau. Si l’eau est insuffisante, les différents organismes vont juger le lieu hostile et fuir. Pour réussir et faire votre compost, vous devez, de ce fait, maintenir un taux d’humidité de minimum 50%. Cette humidité est apportée de deux façons : lors de la décomposition des déchets azotés, et… par l’arrosage.

Si votre compost manque d’eau, la décomposition sera ralentie car les organismes décomposeurs seront moins nombreux. Si votre compost comporte trop d’eau, le compostage ne s’en portera pas mieux, il sera noyé et ne pourra plus entrer dans une décomposition aérobie (c’est-à-dire avec de l’oxygène).

Alors retenez : trop d’eau = moins d’oxygène = compost puant.

Comment tester l’humidité et maintenir votre compost humide?

Testez votre compost en en prenant une poignée et en la pressant dans votre paume :

  • l’humidité est bonne si quelques gouttes perlent et qu’il est compact dans vos mains.
  • trop d’humidité si un filet d’eau coule.
  • pas assez d’humidité si rien ne coule et que le matériau ne s’agglomère pas dans vos mains.

Pour maintenir un bon taux d’humidité, pensez à mélanger matériaux humides et matériaux secs. Souvenez vous que dans la première phase de dégradation la température augmente fortement et que cela provoque l’évaporation de l’eau. C’est le moment de brasser le compost, si besoin en humidifiant votre outil pour apporter un peu d’eau.

Règle n°3

Pour bien faire votre compost: l’aération

L’eau à elle seule ne suffit pas: la vie a également besoin d’oxygène! Pour cette raison, il faut veiller à aérer régulièrement votre compost. En effet, comme vu plus haut, un manque d’oxygène entraîne une décomposition anaérobie, c’est-à-dire une fermentation. Et que fait la fermentation? Elle pue!

L’aération, à l’inverse de l’humidité, est assurée par les matériaux carbonés. D’où l’importance de bien respecter la règle n°1! Quand ces matériaux plus solides auront perdu leur structure vers la fin du processus, ce sont les macro-organismes qui assureront l’aération. Mais il faut quand même les aider !

Pensez à brasser régulièrement votre compost!

Bien faire votre compost en fonction de la saison

faire du compost

La vie s’organise autour des saisons … C’est pourquoi, à chaque saison son lot de petits conseils:

  • au printemps : débuter votre compostage, l’activité biologique est à son apogée
  • en été : surveiller le taux d’humidité de votre compost! la règle d’or n°2.
  • en automne : ne mettez pas les feuilles mortes d’un seul coup, incorporez-les petit à petit. la règle d’or n°1. Votre compost sera particulièrement utile en novembre pour préparer vos plantation à l’hiver : répartissez-le en paillis au pied de vos plantes.
  • en hiver : au contraire du printemps, l’activité biologique est réduite. C’est le moment de bien aérer votre compost. La règle d’or n°3.

Et finalement, mon compost est-il réussi?

Votre compost est bien fait, ou plutôt mûr s’il ressemble à du terreau: sombre, léger/ aéré, semblable à de la terre. Vous ne reconnaissez pas vos déchets et, surtout, ils n’en ont plus l’odeur. En théorie, vous trouverez même son odeur agréable!

En revanche, votre terreau est immature s’il est de couleur claire ou verdâtre et s’il dégage encore la forte odeur de certains déchets comme le chou ou l’oignon. La dégradation n’est pas achevée car vous distinguez des épluchures, feuilles, brins d’herbes… S’il stagne longtemps ainsi, il a peut-être besoin d’être brassé à nouveau, peut-être même hydraté afin d’en faire une terre plus accueillante pour les macro-organismes.

Voici le test à faire avant d’utiliser votre compost maison.

Un bon compost mature se dénonce tout seul : il sent bon, il est noir et friable, plutôt sec.
Mais surtout : il doit favoriser la germination. Sinon, s’il est utilisé trop tôt, il va tuer les graines.

  1. Prenez un petit pot, et mettez-y 2 poignées de votre compost maison
  2. Ajoutez-y une poignée de votre terre de jardin (ou terreau)
  3. Et faites un semi d’une plante à croissance rapide, comme le radis de 15 jours, ou le cresson.
  4. Si rien ne lève au bout de 7 jours, alors « problème » et donc, réponse : il n’était pas vraiment mur, son pH très acide !!
  5. Attendez encore quelques semaines.

Ce que vous pouvez mettre dans un composteur en grande quantité :

Les déchets carbonés tels queLes déchets carbonés tels que
– écorces, branches (broyées)
– paille
– coquilles de fruits secs (broyées)
– mouchoirs et serviettes papier
– coquilles d’œuf (broyées)
– marc de café
– fleurs coupées, tailles de haie -restes/ épluchures de fruits/ légumes (sauf agrumes)
– filtres de thé
– feuilles d’arbre
– tontes de gazon

Respectez bien la règle n°1 pour garder un bon rapport carbone/ azote.

Vous pouvez également mettre dans un composteur les litières et excréments d’animaux domestiques herbivores ou grainivores (lapins, cobayes, oiseaux…).

Ce que vous pouvez mettre dans un composteur en petite quantité :

  • ail
  • agrumes
  • épluchures de pommes de terre
  • coquillages (broyés)
  • restes de repas cuits et préparés
  • aliments d’origine animale (viande, poisson, laitages) on évite de les mettres, ça attire les charognards (mulot, rats, chat, chient,…)
  • bois exotiques

Notes : Les déchets végétaux perdent leur azote en séchant : s’ils ne sont pas frais, limitez leur incorporation dans le compost. De plus, faites attention aux fruits et légumes achetés en grande surface car ils sont souvent couverts de produits (anti-germinatifs, biphényle et autres conservateurs plus ou moins controversés) : limitez leur incorporation.

Vous pouvez télécharger ce tableau ici.

Ce que vous ne pouvez pas mettre dans un composteur :

  • mégots de cigarette
  • charbon de bois (pour barbecue)
  • poussière d’aspirateur
  • graines et noyaux
  • feuilles vernissées (lierre, laurier)
  • liserons et autres plantes rampantes
  • plantes et végétaux traités
  • végétaux résineux (thuyas, cyprès, aiguilles de pin)
  • terre, sable
  • plastiques, métaux, verre
  • tissus synthétiques (nylon, lycra…)
  • gros bois traités chimiquement et/ ou vernis
  • couches de bébé

Et de manière générale, tout ce qui n’est pas biodégradable.

Pour plus d’infos, contactez nous !


Accte

Guide Composteur | Conseiller en nutrition | Amoureux de la nature. Adhérent au WWF. Je soutien aussi LPO

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